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Site Bars en Trans
samedi 7 décembre 2013 / 18 h 23 min

Mais avant il faut tout lire.

orval carlos subelius (1)

 

J’ai lu que tu faisais de la prog folk, surtout avec ton ancien groupe, Centenaire. Pour les gens qui n’y connaissent rien, c’est quoi la prog folk ?

Ah, je sais pas, prog ça te fait pas un peu penser au rock progressif des années 70 ? La musique un peu compliquée, un peu à la Yes, ou Genesis mais les premières époques donc il faut connaître. C’était des moments où les musiciens essayaient de mélanger un peu à la fois la musique du Moyen-Age et le rock anglais… Moi j’écoutais ça, des trucs de folk anglais, et même Malicorne en France, donc il y a certaines influences un peu dans ce qu’on faisait avec Centenaire. Du coup on a dit c’est un peu celtique, un peu breton mais en fait c’était pas vraiment ça, nous on voulait pas vraiment ça. Mais il y avait un côté un peu psyché, avec un orgue, des harmonies un peu… Je veux pas dire médiévales, parce que ce serait abusé, les vrais musiciens de médiéval ils se diraient mais c’est qui ces mecs. Donc voilà, en fait, prog médiévale, c’était pour amuser la galerie, il y avait du vrai là-dedans, mais bon.

Mais donc maintenant c’est plus de la prog folk ?

Et donc on a fait deux disques avec Centenaire, j’ai commencé à travailler sur cet album là, Super Forma, donc pas du tout de la prog médiévale même si j’aime toujours bien ça, mais j’avais envie de chansons plus simples. Donc psyché quand même mais avec des structures plus pop, ça va plus à l’essentiel, avec Centenaire ça bifurquait pas mal, on faisait jamais deux fois le même refrain. Et j’ai travaillé sur Super Forma, je l’ai enregistré, ça m’a déprimé, donc j’ai fait un autre album en deux mois, très vite, qui est sorti direct, qui s’appelle Recording Tapes. Un disque plus lo-fi, moins haute fidélité d’enregistrement. C’est sorti avant Super Forma mais ça a été enregistré après, en réaction à ce disque très propre, assez léché, très arrangé, j’ai fait un truc plus brut, à la maison, plus urgent. Et du coup là je me retrouve aux Bars en Trans avec cet album, Super Forma, enregistré il y a déjà trois ans.

Et ça c’est compliqué à gérer ?

Non, parce que les chansons ça reste moi. J’ai pas trop tourné avec Recording Tapes parce que ça n’intéressait personne. Finalement un disque bien enregistré ça intéresse plus les gens qu’un disque moins bien enregistré, même si moi j’aime beaucoup les disques moins bien enregistrés. C’est un peu comme ça que j’ai fait de la musique toute ma vie, d’ailleurs, pas forcément dans un studio. Super Forma c’est le seul truc de ma vie que j’ai enregistré dans un vrai studio.

D’ailleurs cet album, il est difficile à défendre sur scène ? Parce que c’est très arrangé, il y a cette ambiance très psyché…

Ouais, là on est au milieu de la tournée avec Super Forma, il y a plein de musiciens, parce qu’il y a plein d’arrangements… Sur le disque il y a beaucoup d’instruments, donc sur scène j’ai cinq musiciens qui jouent chacun leur partie, un tromboniste, un clavier et guitare basse batterie, et avec ça on essaie de reproduire à la fois les chansons assez fidèlement mais aussi les climats, quitte à changer complètement les structures, pour que quand les gens voient le live ils aiment bien et qu’ils retrouvent quelque chose de différent sur le disque, pas si différent que ça dans l’esprit.

Et vous avez déjà joué à Rennes, ou ailleurs en Bretagne ?

A Rennes non, enfin si avec Centenaire on avait joué mais je ne sais pas où. Et là on a joué l’an dernier à Saint-Malo, sur la plage, et d’ailleurs c’était… Bref, on va pas en parler. C’était super (rires). Non mais on avait eu des problèmes techniques, c’était le début et c’était pas facile de rentrer dans le concert.

Donc ce soir c’est votre réconciliation  avec la Bretagne.

Oui j’espère. Mais la balance c’était pas parti pour.

T’as un nom de bière, ça devrait bien passer avec le public rennais.

Ah oui avec Orval. D’ailleurs j’ai appris en Belgique un truc marrant, tu sais en France quand tu demandes une bière tu dis UNE biiiip ou UNE biiiip, on va pas faire de pub donc je ne citerai pas de marque, mais en Belgique tu commandes UN Orval. Bon mais comme c’est pas une bière que j’aime particulièrement… Enfin je dis surtout ça parce que je suis à Rennes, je veux dire je préfère évidemment le cidre et les bières bretonnes, mais c’est vrai que j’avais pas le même discours à Bruxelles. Mais bref en Belgique, si tu veux pas passer pour un con tu demandes UN Orval.

Et Rennes en trois mots, ça t’évoques quoi ?

En trois mots je pourrais pas, mais ça m’évoque mes lectures de quand j’étais ado, mes lectures de magazine de rock où on parlait de rock rennais. J’imaginais ça un peu pluvieux, un peu triste, un peu new wave. Enfin c’était il y a longtemps, aujourd’hui je connais pas trop les groupes rennais, ou alors je sais pas qu’ils sont de Rennes. Mais j’aimais bien cette ambiance un peu sombre, pluvieuse. Ça peut paraître un peu péjoratif mais pas pour moi an fait. Par exemple avec Centenaire on allait souvent répéter à Pontivy, c’est pas vraiment à côté de Rennes mais c’est pas très loin, et l’atmosphère là-bas, dans cette maison à la campagne ça me plaisait énormément. Après Rennes c’est pas pareil, c’est urbain, ça bouge plus… Enfin voilà, ça fait pas du tout trois mots et j’ai pas du tout parlé de Rennes. Je suis pas très renseigné, mais tu dois avoir tout un tas de clichés avec cette question.

Ouais, la bière, les crêpes. Mais ça parle beaucoup musique quand même.

Bah oui, le rock rennais c’est quelque chose d’un peu mythique.

Et dernière requête, j’ai lu que petit ta chanson préférée c’était Rosalie de Carlos

Ah oui c’est tout à fait vrai. Enfin mes parents disent ça. Mon seul souvenir musical, moi j’étais piètre musicien pendant longtemps, petit je m’intéressais pas du tout à la musique, mais mes parents m’ont dit que j’écoutais tout le temps Rosalie dans le mange-disque. Et le plus bizarre c’est qu’on avait plusieurs vinyles de Carlos et ils avaient tous la même rondelle, grise ou bleue, et il paraît que je savais sans savoir lire lequel était Rosalie.

Et tu nous chanterais un petit bout de Rosalie ?

Ah, mais il me faudrait mon orchestre symphonique et tout… Rosalie Rosalie Oh, Rosalie Rosalie Ah… Et puis je l’ai pas écouté depuis longtemps, je préfère garder mes souvenirs intacts, toute la joie de cette chanson. Par contre je peux te chanter Papayou.

 

C’était magnifique.

Merci. Tu veux pas Tirlipinpon aussi ? Non mais c’est déjà un peu plus tendancieux, les paroles…

Tu peux, on ne connaît pas la moyenne d’âge de notre lectorat mais je crois qu’il est majoritairement majeur.

Mais je ne sais pas si les jeunes d’aujourd’hui ils connaissent Carlos, c’est pas devenu complètement has been ? Si les gens peuvent se réintéresser à Carlos grâce à moi… Ou plutôt l’inverse, si les gens qui s’intéressent à Carlos peuvent s’intéresser à moi, ça élargirait considérablement ma fan base, comme on dit.

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