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Site Bars en Trans
mardi 11 décembre 2012 / 18 h 01 min

Thomas vient de recoudre ses deux lobes temporaux après y avoir déniché de quoi remplir ce dernier post. Voici ce qu’il vient de nous faxer.

Alors les mecs ? Ça va bien ? On l’a bien conclu, tout en beauté, en élégance trash et rock, cette édition 2012 des Bars en Trans, hein ? Sans vouloir m’excuser d’écrire ce papier si tard, c’est un peu à cause de cette apothéose que j’ai procrastiné jusqu’à ce soir.

Cela dit, ça m’a permis de retrouver (un peu) de mes neurones et de regarder ces quatre nuits avec un peu de recul. Et puis ça prolonge un peu le plaisir, d’écrire ça en regardant une série pourrie de TF1, enroulé dans un pled, en survêt’, après une journée de boulot à écrire des trucs pour l’industrie pharmaceutique. Haaaaa bah oui, on était bien, sortir / rentrer boire des verres, fumer des clopes, voir des concerts, changer de bar…

A ce sujet, j’ai profité de mon trajet en train, en face d’une de ces vieilles fabriquées à la chaîne dans le 16ème qui m’a reniflé de haut, en tricotant une jolie layette bleue marine pour son petit fils Louis du balai dans le cul, frère de Bénédictine, pour relire ce qu’on avait fait.

Sur la foule de concerts, on en chroniqué une demi-douzaine, et encore. C’est pas un scandale, ça ??? HAHAHA, si, hein ? De toute façon, c’est de votre faute, vous aviez qu’à pas être si nombreux, on aurait pu rentrer et raconter des vrais trucs de blog de musique.

Cela dit, on s’est farci les interviews, et puis si vous aviez trop la flemme, ou étiez trop vieux pour aller voir vous-même, le blog de Nova est fort bien renseigné, comme celui des Inrocks. De toute manière, un concert, ça se vit, hein, dude… Mais t’inquiète pas, c’était vraiment super.

Alors donc, merci beaucoup à l’équipe de programmation, qui était trop occupée à boire des… heu, à gérer l’affluence colossale générée par leur œuvre, de n’avoir pas lu une ligne de cet infâme recueil de nos/vos forfaits. C’est d’ailleurs grâce à ça que je suis si crevé, ayant pu rentrer comme prévu hier et non trois jours auparavant, à grands coups de docks dans la raie.

Voilà, cela fait, passons à notre traditionnel compte rendu totalement centré sur nos personnes, échantillon représentatif que nous sommes, avec quelques années de plus, de votre panel socio. Toi aussi dans quelques années tu pourras n’être aucunement rémunéré, sauf en liquide, pour écrire un tas de conneries sur le festival vu de l’intérieur, devant la scène et par derrière (hem… me suis toujours pas remis de ces histoires de chiottes de l’espace VIP, mais passons).

Reste que cette journée débute super bien : passage au marché des Lices, un gars nous offre une de ses délicieuses clémentines. Moment de paix savoureux et de saine harmonie à l’exact endroit où régnait, il y a quelques heures encore, le chaos le plus total. Je me serais bien régalé d’une bonne galette saucisse, ma madeleine de Proust à moi, mais l’organisation me prive de ce plaisir en nous confiant aux mains expertes du capitaine Raclette, fabriqué en Suisse, et ne fonctionnant ni aux Ricola ni à l’Ovomaltine, mais bien a la Williamine.

Cet boisson chamanique helvète n’est pas un remède contre l’ivresse, je peux vous l’affirmer, mais se marie très bien avec la fondue et le vin de Savoie.

Autant vous dire que j’étais fin rô… Prêt pour aller interviewer mes cocos de la journée, Total Warr et Caandides. Je les retrouve alors qu’ils commencent juste leurs balances avec deux heures de retard… J’essaie de les choper ensemble entre une partie de Ping Pong improvisée par Total Warr sur une table de bistrot et la mise en place de Caandides. Je décide de pipauter mon interview sensée être simultanée. Je commence par Guillaume (moustache) et Benjamin (touffe, à moins que ce ne soit l’inverse). Je mesure le potentiel de n’importe quoi des deux lascars le temps d’un entretien dont vous retrouverez le contenu quelque part sur ce blog, et dont j’aurai définitivement la preuve quelques heures plus tard.

Viennent ensuite les Caandides, dont je n’ai pas demandé les prénoms (j’étais pressé et en retard). Ils m’entraînent dans leur caisse, fument des clopes, et sont fichtrement plus rock que ce que j’aurai pu croire : j’en ai même censuré mon interview dont vous retrouverez la substance quelque part au même endroit que l’autre. Notamment lorsqu’ils parlent d’une teuf à organiser en présence d’enfants pédophiles… Je ne vous en dirai pas plus, c’est mieux. J’en profite pour glisser ici que l’un de leurs talentueux graphistes a concocté un programme informatique destiné à déterminer pour chacun d’entre nous quelle serait sa sauterie idéale. J’en revenais pas de ma pertinence chatteuse. Bref, cette merveilleuse idée (autocensurée par les Caandides, effrayés par le potentiel destructeur de l’engin #cocksuckerblues2.0), sera bientôt disponible sur leur site web, ou leur facebook, je sais plus.

Je m’extirpe de la bagnole, leur souhaitant un bon concert en compagnie des deux autres rigolos, pour me tracer vite fait vers les Horizons, une tour curieusement réussie d’un point de vue architectural. La nana de Ben (qui travaille avec nous, a une compétence absolument indispensable à tout le bordel Bars En Trans, ayant trait à l’informatique, au graphisme et à l’internet) nous accueille dans son coquet petit intérieur du 30ème étage. Nous, c’est à dire environ 30 personnes de l’équipe, entre bloggueurs, team vidéo et simples curieux. Nous, et donc l’équipe de Catfish, qui s’installe pour un set de trois chansons sur le balcon. Je vais pas vous raconter en détail cet instant de finesse dans ce festival de brutes, parce que cet enfoiré de Jo m’a piqué le papier, que vous trouverez aussi quelque part dans ce blog… C’est juste que j’ai vécu un moment rare. Bon, je n’étais pas vraiment dans mon état normal, mais qui l’est vraiment après trois jours de Bars en Trans ? En tous les cas, il y avait donc ce mec, ses accords de blues chauds sentant bon le bayou et cette nana dont la voix vous secoue les tripes, posés tranquilles sur un balcon qui domine tout le centre ville de Rennes. Figurez-vous toute la mystique de l’expérience, la prise de conscience que le bruit et la fureur qui courent du bas de la place des Lices jusqu’à la place St-Anne, par la rue St-Michel et le Champs jacquet, donne vie à la ville. L’électricité semble sortir des amplis de ces centres vitaux que sont les bars, court le long des rues, intensifient l’éclairage public. Devant moi s’étendait une cité en vie, dont le centre cœur battait fort, animé de musique, de personnes aux comportements personnels parfois incompréhensibles mais dont la réunion faisait naître une harmonie. Laquelle semblait directement connectée à la guitare de Catfish, et vibrer au timbre de la chanteuse…

Fin de la parenthèse enchantée, verre de champ’ en dominant la ville. On remercie tous le monde, en souhaitant mentalement un bon ménage à notre gentille hôtesse, et avec une pensée pour le voisin qui était en train de zapper pendant notre petit bœuf entre le Téléthon et Miss France (vu par la fenêtre).

Il est temps d’aller manger, de récupérer l’énergumène qui nous sert de rédac chef et d’aller se régaler chez Caro, qui nous a gentillement nourri pendant ces trois jours. Je partage avec elle la merveilleuse tronche du fils de Céline Dion (voir interview des Total Waar), et réussi à effrayer toute l’assistance féminine. Effet contraceptif immédiat. On mange tranquille, remercions Anouk, Caro et « la gentille serveuse avec sa petite fille qui devrait vite se remettre au spectacle tellement c’est un show à elle toute seule », et filons à la place, voir le concert de Théodore Paul et Gabriel et Anna Aaron. C’est très beau, c’est bondé. Il y a un peu trop de grâce pour moi depuis le début de cette journée, donc je bois un mojito pendant que les deux autres montent photographier les artistes. Dernière étape : le Bar Hic, pour Steeple Remove, qu’on entend un peu du trottoir. On repère enfin le backstage, que l’on cherche depuis 3 jours (pourtant, c’est écrit gros). Ambiance qui nous change un peu du mood « vieille charrues en ville ». On se croirait dans le Marais, entre nana lookée et métrosexuels. Peu habitués, mes compagnons craignent que je ne les ai entraînés là non pour le concert d’About The Girl qui avait l’air de défoncer que pour voir si le Backstage pouvait devenir Backroom, sortent de là en trombe, craignant pour leur virilité (ce qui est assez marrant, voir paradoxal, quand je me les représente…).

Direction le Bar VIP, pour enfin écrire nos articles.

Je dois vous avouer que, étant en charge de pondre les compte rendus de soirée (il faut bien avouer que je suis le seul en état d’écrire arrivé à 12h00… enfin d’habitude), je me demandais chaque fois qu’est-ce que j’allais pouvoir raconter de plus par rapport à la veille. Là encore, je n’ai pas été déçu. Bien sûr, ça a continué à être le souk un peu partout, ambiance contre-teuf un peu sale dans les toilettes, fumerie multisubstances sur les canapés extérieurs, furie au bar, zone de guerre en backstage…

Rassurez-vous. D’abord, on s’est motivés et maintenus en vie à l’aide du mélange délicat au fumet racé du JäGERBOOOMB, sur les conseils de Total Waar, lesquels, nous venions de l’apprendre allaient assurer le dj set en compagnie d’Unison. Lesquels, à en croire l’hystérie qui régnait déjà sur le dancefloor, avaient commencé rudement fort. Le temps de boucler nos articles, de croiser Martin l’Enchanteur (Dieu sait quel est son rôle exact en ce monde, mais ce mec a le don merveilleux de faire apparaître des bouteilles d’alcool, n’importe où, n’importe quand), et nous voilà partis dans le tourbillon habituel : discussions avinées sur le déroulement des opérations, débats absconds, des gars très cons et degâts multiples, escapades sur le dancefloor pour checker la qualité esthétique de l’assistance, partagée entre plumeaux, punks et bombes, clopes, vodka, bières, clopes, vodka, bières..Ohhhh, un joint tendu, superbe.

Je me dis, à chaque instant : souviens-toi de ce moment, pour le raconter demain… Impossible, sans main libre pour noter, alors… tant pis. Juste le souvenir de l’épic failure d’un de nos chroniqueurs à pécho sur la piste, voire ailleurs, de croiser Ben des Total Waar, ravi de leur concert mais déjà fichtrement attaqué, deux heures avant son dj set.

Lequel commence enfin, et si vous avez lu le leur interview, vous vous doutez que je suis impatient de voir si leur performance et leurs choix sont à la hauteur de leur réponse. Et ben je suis pas déçu : Thunderdome et toute la clique improbable est au rendez-vous. Lors d’une transition pas possible entre un classique de Nirvana joué plus vite que l’original et « Maldon », LE hit de Zouk Machine joué au maximum de la puissance des enceintes, un mec complètement furieux met en danger l’intégrité physique de nos jeunes amis. Guillaume moustache reste stoïque et focus, alors que le forcené est ceinturé au pied de la scène et leur jette du champagne, tandis que Ben tente de lui envoyer un low kick (méga tatane de Converse) en pleine face… Moment de flottement, la scène et la platine tanguent, avant de reprendre un équilibre plus rassurant. Nous continuons à sauter comme des dingues sur le son, croisons notre chroniqueur en faillite sexo-sociale à plusieurs reprises entre le bar, et les spots de nanas.

Nous essayons à plusieurs fois de le ramener avec nous, mais il est persuadé d’un succès très proche. Jean-Claude Duce, sans déconner. Avec plaisir, nous croisons Anouk. Sorti de nul part, j’ai un cookie un peu pâteux qui m’atterrit dans le bec. Après une session de rassemblement longue de deux heures, entrecoupées de choses qui étaient formidables mais dont je me souviens plus, nous rentrons vers l’appartement.

Quelques heures auparavant, vers 03h00 du mat’, nous étions remontés vers les lices, qui étaient devenus entre-temps une zone de guerre : un camion de pompier se frayait un passage devant une foule rappelant plus « The Walking Dead » qu’un rassemblement d’étudiants. Des abrutis parmi cette foule avaient donc foutu le feu –littéralement- aux poubelles de la place. J’aimerai que ces mecs finissent leurs vies comme comptable à la mairie d’une ville FN, juste pour voir comme ça fait de devoir renoncer à des trucs aussi cool que les Bars En Trans. Débiles. Bon, sur le coup, ça a l’air marrant. Des types tapaient sur des panneaux en métal, persuadés d’être en rythme, et c’était affreux… Fin de la parenthèse désenchantée.

Retour à l’hôtel, débrief traditionnel autour d’un calumet en écoutant Taake. Je me couche, et me rends compte que le cookie était plus qu’un cookie. Je visualise l’éclosion rapide et répétée d’un artichaut, qui s’ouvre sur une animation Windows et vers laquelle je tombe sans fin. Je suis pris d’un fou rire de 20 minutes dans mon oreiller qui sent la tripe frite… ça pouvait pas mieux se terminer.

Merci. Rideau.

2 réponses pour Poing final

  1. Anouck said:

    Je t’avais prévenu pour les gâteaux!!!
    Ce n’est pas pour les petits joueurs!!!!
    Bisous

  2. Thomas said:

    Hey miss ! Comment ça va ? Oui tu m’avais prévenu pour les cookie. Tu as vu que j’avais pris garde de ne pas te citer comme pourvoyeuse, hein ! C’était… un grand moment de fou rire. ça fait trop longtemps que j’ai quitté Rennes, à mon grand désespoir, je suis de nouveau un petit joueur ;-). Mais merci en tous les cas ! Et passe le bonjour à toute l’équipe du resto !

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