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Site Bars en Trans
samedi 8 décembre 2012 / 17 h 00 min

À pleins gazs dans la nuit rennaise.

Immédiatement après avoir ingurgité sept litres de fromage fondu, Thomas s’est jeté sur mon ordi et a pondu ce texte relatant nos méfaits de la veille. Le Goncourt n’est pas loin.

Nous perdons plus de bloggers que l’AFP a perdu de journalistes en Corée du Nord en 50 ans. Par exemple, hier soir, nous n’étions plus que deux. Notre photographe payant une gastro mal remise et ses performances nocturnes de la veille. Il rejoignait alors la liste de nos chers disparus, victimes du froid ou de leurs vrais métiers.

Tout ça pour vous dire que si vous comptez sur cet article pour apprendre quoi que ce soit de musical, stoppez ici votre lecture et retournez écouter Beach House sur Spotify en mangeant du tofu. Parce que bien sûr, on rien vu du tout, occupés que nous étions à pondre du contenu pour cette vitrine de la navritude qu’on appelle le blog. Cela dit, des confrères journalistes d’un grand quotidien national spécialisé dans les reports de concours de boules d’anciens de l’Algérie ont trouvé le moyen de faire mieux, en allant voir un groupe qu’on ne connaissait pas, Ray Aucoin. Tu peux pas test le service culture de Ouest-France.

Du coup, on s’est quand même décidé à bouger, pour prendre la température et essayer de trouver une saloperie ou deux à raconter. Une fois bien certains que tous les concerts étaient finis, bien sûr, pour ne pas risquer une crise de mauvaise conscience. Nous quittons donc nos locaux et nous dirigeons vers l’hypocentre de tout ce cirque, le séisme Bars en Trans.

Dès les premiers mètres, un indigène du cru en costume folklorique (baggy-casquette-braguette au vent) nous accoste. On essaye de fuir. On échoue. Le type, que l’on appellera Pedro, tient absolument à nous communiquer son mal-être. L’objet de sa lubie ? Notre Dame des Landes et son aéroport. Il a donc essayé de nous convaincre d’aller aider les manifestants à « reconstruire des maisons et à faire de la soupe le mercredi ». Parce que le mardi, putain, 2 200 CRS seront mobilisés pour aller leur péter la gueule. Et si bien sûr on voulait sauver le monde en nous rendant au Festival altermondialiste du défonçage par la matraque, nous étions les bienvenus.

Autant vous dire que le type, probablement un étudiant dont les parents blindés bossent à la com’ de chez Vinci et qui ne sait pas encore qu’il fera son stage dans la camionnette des CRS en question, n’avait pas choisi les bons clients. Un coup d’œil à nos chaussures pointues en urètre de castor lapon aurait pourtant suffit à lui faire saisir l’incongruité de sa démarche.

Nous courrons donc pour nous échapper du boulet. Direction, Rue St Michel. Et ben les cocos, c’était chouette : le royaume de la grappe. Par peur de nous ramasser un bock de bière volant sur le coin du nez, nous préférons contourner l’obstacle pour arriver sur la cour des miracles de la place St-Anne. Je manque de me péter la cheville sur une énorme bouteille, aperçois Anouk, notre serveuse préférée, tenter de se frayer un passage entre des gens à l’équilibre très précaire.

 

La Principauté du plumeau

 

Vu qu’on n’avait pas pris notre diabolo et nos balles de jonglage, on s’est dit qu’on avait pas vraiment notre place dans le tableau. Retour au QG, qui s’est bien rempli depuis notre départ. Stop au bar, où l’on parvient à soutirer de quoi tenir aux serveuses sur le point de trépasser sous les assauts de la foule qui s’est massée dans le machin. Le panel social est restreint : tous grands, maigres, en schmoove, slim & écharpe et bien sûr touffus : des plumeaux sur pattes utilisant leurs corps comme des shakers.

On se réfugie derrière la scène, où l’on découvre le frigo de la prod, digne de celui du dernier des étudiants chômeurs en Art du spectacle.

Rebotini sort des enceintes poussées au maximum, et on se bouge un peu sur la piste. Pris d’une envie pressante, je slalome vers les vespasiennes, où apparemment s’organise la contre-teuf. Un couple me passe devant, et restera 20 minutes dans la cabine « enfant » des sanitaires. J’ai presque envie de vomir, mais une porte s’ouvre et un type fait rentrer 4 filles dans son nouveau chez lui, immédiatement rebaptisé « Zone Dyson ». (pour la suite : ASSUMEZ, les gens, sans déconner…)

Abasourdi, je repasse par le bar, me dandine comme peut le faire un néotrentenaire – c’est à dire de façon ridicule – sur le dj set des Juveniles, debouts sur leurs platines en mode « puits à champagne ».

Un signe nous frappe : il y a plus de types et de nanas par terre que sur leurs jambes. Nous décidons dans un rare moment de lucidité  de regagner nos quartiers, afin de débriefer autour d’un bon calumet.

11H45, réveil rue St Michel : je dois admettre que la voierie de cette ville de cinglés est extrêmement performante. Après une nuit de Bars en Trans, le nettoyage après Katrina, le siège de Grozny et les 47 cyclones annuels qui s’abattent sur Haïti, avec ces mecs, ça trainerait certainement pas !

Bref, c’est toujours aussi formidable, et ce blog toujours complètement égocentrique. Je commence à avoir envie de dormir.

 

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